La Fête de la culture 2010 nous a démontré que les municipalités jouent un rôle-clé à titre d’organisateurs communautaires : elles rassemblent de nombreuses activités créatives et maximisent leurs ressources pour fournir un support marketing au plan local qui augmente l’enthousiasme de la communauté à l’égard de la Fête de la culture et la participation du public. Dans cette entrevue, vous ferez connaissance avec Liesl Jauk, directrice du développement culturel pour la ville de Richmond en Colombie-Britannique, qui a joué un rôle de premier plan dans le succès de la première Fête de la culture. Liesl est aussi membre du groupe de travail de la Fête de la culture de sa province.

la ville de Richmond en Colombie-Britannique
Fête de la culture - Décrivez-nous brièvement votre fonction et votre expérience.
Liesl Jauk - Je suis directrice du développement culturel de la ville de Richmond depuis l’automne 2008. Je travaille dans le milieu des arts de Vancouver depuis une vingtaine d’années. Plus récemment, je codirigeais Rebus Creative qui, entre autres, produit le festival The Word On The Street et les BC Book Prizes, et s’occupe du marketing pour le Circle Craft Christmas Market. Je suis conceptrice graphique pour de nombreux clients dans le milieu culturel, coordonnatrice marketing et productrice d’événements à l’occasion. Pour ce qui est de ma formation, je détiens un baccalauréat en histoire de l’art et une maîtrise en histoire sociale de l’art, et j’ai suivi certaines cours universitaires en arts visuels (peinture, dessin, gravure, etc.).
Fdlc - Comment avez-vous entendu parler de la Fête de la culture pour la première fois?
LJ - J’ai reçu un courriel de la Fête de la culture. J’ignore comment mon nom s’est trouvé sur la liste d’envoi, probablement par l’entremise du Réseau des villes créatives ou de l’Alliance for Arts and Culture.
Fdlc - Qu’est-ce qui vous a décidée à participer? Quels sont les avantages pour la ville de Richmond?
LJ - En toute honnêteté, c’est ma patronne, Jane Fernyhough, qui m’a dit de le faire!
Fdlc - Comment avez-vous abordé la promotion de la Fête de la culture? Quelles ont été les principales personnes et organisations à s’investir dans l’événement?
LJ - En premier lieu, j’ai communiqué avec la Fête de la culture pour savoir ce qui était offert ou non, c’est-à -dire de quelle façon on devait ou pouvait utiliser le branding de la Fête de la culture, reconnaître les commanditaires, etc. Le principal problème, c’est que nous disposions d’un outil d’envergure nationale, plutôt que d’une campagne de marketing local susceptible d’avoir des retombées «sur le terrain». Outre sa raison d’être qui est un appel à la participation, la Fête de la culture se limite, sur le plan du marketing, à une identité graphique et à un site Web. Les annonces à la CBC et dans le Globe and Mail sont bien belles, mais elles n’ont aucun sens à l’extérieur d’un public plutôt restreint dans les centres urbains. Pour que la Fête de la culture ait de l’impact dans une communauté comme Richmond, elle doit faire l’objet d’une promotion au niveau local, dans les journaux communautaires, etc., ce qui exige de l’argent, le soutien de la communauté culturelle et la participation de partenaires locaux comme The Richmond Review et l’office du tourisme de Richmond, dans notre cas.
Fdlc - Richmond a élaboré une campagne marketing impressionnante pour la Fête de la culture. Expliquez-nous ce que vous avez fait pour promouvoir l’événement.
LJ - Dans le cadre de mes fonctions, j’ai les adresses courriel de centaines d’artistes, de regroupements, d’entreprises et autres de la région. J’utilise cette liste pour faire connaître les événements et initiatives susceptibles d’intéresser le milieu culturel. C’est donc par l’entremise de cette liste que j’ai informé le milieu des arts de la région de la tenue de la Fête de la culture et que j’ai présenté les opérations promotionnelles offertes par l’entremise de la campagne de Richmond. Ces courriels donnaient des instructions claires, comme le type d’activités admissibles et les échéances pour figurer dans le matériel promotionnel imprimé, par exemple. Au fil des semaines, nous avons ajouté des renseignements sur les nouvelles occasions et annoncé les mises à jour. En bref, j’invitais tout le monde à participer, à profiter d’une promotion gratuite et à s’abonner au bulletin électronique de la Fête de la culture.
Fdlc - Comment toutes les activités de marketing se sont-elles harmonisées? Comment avez-vous réussi à convaincre les médias et les commanditaires promotionnels à participer?
LJ - Nous avons invité des représentants du Richmond Review et de Tourism Richmond à nous aider à élaborer l’ensemble de la campagne, puisque la Fête de la culture était aussi nouvelle pour nous que pour eux. Je pense qu’en en faisant des partenaires à part entière dès le départ, ils se sentaient plus engagés puisqu’ils y avaient participé à la création du programme. C’est lors de ces rencontres que nous avons eu l’idée de la tournée en minibus pour les journalistes et les blogueurs et du numéro du journal donnant un aperçu de la rentrée culturelle d’automne qui comportait un supplément de quatre pages donnant toutes les activités officielles de la Fête de la culture dans la région de Richmond.
Fdlc - Y a-t-il des périodes avant et durant la fin de semaine de la Fête de la culture qui se sont démarquées à votre esprit?
LJ - La tournée en minibus a été une attraction importante. Par chance il faisait très beau et nous avons fait des visites intéressantes dans les coulisses du théâtre Gateway et dans la réserve des collections du musée. On a aussi vécu une belle expérience lors du repas en plein air au Terra Nova Rural Park pour admirer le tout nouveau four à pain, faire l’expérience de l’agriculture «patrimoniale» et déguster de la nourriture préparée à partir d’ingrédients locaux. Tous les visiteurs rayonnaient de joie à l’idée d’avoir vécu une expérience vraiment exceptionnelle.
La visite du théâtre Gateway (où étaient exposés des costumes, des plans de décors, des maquettes, des masques, etc.) a aussi été une belle réussite. De toute évidence, les visiteurs étaient très attentifs et fascinés d’apprendre comment se fait le théâtre.
Nous avons aussi installé notre quartier général au centre culturel pour la fin de semaine puisque de nombreux événements s’y déroulaient. Dans le hall d’entrée, nous avons exposé une grande affiche ornée de ballons où se trouvaient la liste, les dates, les heures d’événements et les pièces où se déroulaient les activités de la Fête de la culture. La signalisation portant le logo de la Fête de la culture nous a aussi aidés à attirer des gens qui passaient par là .
Fdlc - Après cette première expérience de la Fête de la culture l’an dernier, quels avantages à long terme avez-vous identifiés? Quels défis??
LJ - Notre expérience à Richmond a été extrêmement positive. Le supplément accompagnant le journal a été distribué à la porte de pratiquement chaque citoyen de la ville. Alors, pour ce qui est d’accroître la visibilité de l’art, de la culture et du patrimoine dans notre communauté, je peux dire que notre expérience a été très fructueuse.
De plus, les artistes participants et les organismes se sont fait connaître en plus de partager leur travail et leur enthousiasme avec le grand public. Quelques groupes communautaires gérés par des bénévoles ont participé et ont été surpris, je crois, d’avoir eu autant de plaisir tout en améliorant leur notoriété.
Je n’ai aucun problème particulier en tête. L’an prochain, nous allons poster des bénévoles à l’entrée du centre culturel pour offrir aux visiteurs un accueil et des renseignements personnalisés.
Fdlc - Quels conseils pouvez-vous donner aux autres organisateurs communautaires qui prévoient prendre part à la Fête de la culture 2011? Avez-vous appris quelque chose en 2010 que vous qualifiez de leçon pour l’avenir ou de facteur-clé de réussite?
LJ - Faites un partenariat avec votre journal local, celui qui est livré à chaque citoyen de votre communauté. Si vous n’avez pas de liste d’envoi par courriel regroupant des artistes et des organismes culturels, associez-vous à quelqu’un qui en a une. La clé, c’est de communiquer le plus directement possible avec les participants éventuels. Décrivez de façon enthousiaste ce qu’ils en retireront et agissez. Dans notre cas, la plupart des artistes participants n’avaient pas la capacité de faire beaucoup plus qu’organiser leur propre activité. Ils se fiaient sur nous pour le marketing, la publicité, etc.
Fdlc - Que prévoyez-vous faire en septembre prochain?
LJ - Comme il se doit, ce sont les artistes et les organismes culturels qui détermineront la teneur des activités offertes au public. Pour notre part, nous sommes très heureux de la façon dont les choses se sont déroulées, alors nous les répéteront telles quelles, avec quelques améliorations mineures.
Fdlc - Voulez-vous nous dire autre chose sur votre expérience de la Fête de la culture?
LJ - Pour la première année, la Fête de la culture a été à Richmond une réussite au-delà de nos attentes, grâce en grande partie à l’enthousiasme de nos partenaires, le Richmond Review et l’office du tourisme de la ville, qui se sont associés au projet à titre de partenaires créatifs désireux d’élaborer une campagne d’envergure municipale.
La Fête de la culture est passée d’une «chose que nous devions faire» à une occasion sans précédent de démontrer la vitalité de la communauté culturelle de Richmond et les citoyens et organisateurs d’événements ont adopté avec enthousiasme cet événement qui leur a permis de communiquer leur passion au-delà de leur cercle habitue.
Nous avons réussi non seulement à participer à une fin de semaine nationale de célébration des arts et de la culture, nous avons aussi exploité l’image de marque de la Fête de la culture à nos propres fins, pour augmenter la notoriété auprès des citoyens de Richmond et augmenter la notoriété de la ville jusqu’à l’échelle nationale.
Racontez-nous votre Fête de la culture! Envoyez-nous un courriel à l’adresse histoires@fetedelaculture.ca et téléversez vos photos sur Flickr. Vous pouvez aussi écrire un billet sur le blogue de la Fête de la culture, ajouter vos commentaires, photos et vidéos sur Facebook ou encore rédiger un gazouillis sur Twitter tweet identifié du mot-clic #fetedelaculture et nous le diffuserons.
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