
Des invités à la table ronde Opera.ca Regional Roundtable participent à une simulation d'atelier de la Fête de la culture. De gauche à droite : Stephen Bye, Opera Hamilton, David Speers, Opera Hamilton, Caitlin Coull, La Compagnie d'opéra canadienne, Calista Biermans, Toronto Summer Music et Cecelia Paolucci, Toronto Summer Music.
Le 14 mai dernier, j’ai participé à une table ronde d’envergure régionale présentée par Opera.ca, l’association nationale de l’opéra au Canada. La discussion portait sur l’éducation artistique et le rayonnement. Plusieurs invités ont pris la parole et j’étais du nombre. J’ai eu l’occasion d’y présenter le mouvement de la Fête de la culture aux chefs de file du monde de l’opéra en Ontario. Trois membres formateurs provenant de La Compagnie d’opéra canadienne, de Tapestry New Opera Works et de Opéra Atelier ont animé un exercice de groupe conçu pour aider les organismes à comprendre la valeur de l’éducation artistique et à trouver des idées d’activités qui pourraient être présentées dans le cadre de la Fête de la culture.
Les programmes d’éducation artistique tombent souvent sous la bannière du rayonnement, ce qui donne l’impression d’un mouvement effectué d’un point central vers l’extérieur, mais Christina Loewen (directrice générale de Opera.ca) a suggéré que peut-être, le rayonnement devrait se produire aussi de l’extérieur vers l’intérieur, dans un mouvement où le public est accueilli au sein des organismes artistiques et du processus de création. C’est là le mandat exact de la Fête de la culture. Doté d’une mission qui vise à produire de nouveaux travaux de créateurs canadiens et internationaux, Tapestry invite le public à « rayonner » à chaque étape du processus de création et de production, tout au cours de l’année. La raison en est fort simple, confie Amber Ebert (Tapestry), « Les artistes sont les meilleurs porte-paroles ». La passion que dégagent les artistes rayonne sur leur compagnie et permet au public de mieux apprécier leur forme d’art.
Beaucoup de gestionnaires se questionnent sur la valeur de programmes de rayonnement lorsque les ressources et le personnel sont limités. Le rayonnement est souvent justifié par l’argument selon lequel une personne qui participe à programme gratuit deviendra souvent un acheteur de billets, mais la transition ne fait jamais si simplement. Lorsque les compagnies investissent dans l’éducation artistique, particulièrement si le programme est destiné aux enfants, le retour sur l’investissement peut prendre jusqu’à 20 ans et même plus. Par conséquent, Katherine Semcesen (COC) a positionné la priorité accordé à ces programmes comme servant mousser la forme d’art, d’abord et avant tout, et faire ensuite la promotion de la compagnie. Dans l’ensemble, les programmes de rayonnement permettront d’accroître la sensibilisation d’un plus grand public, ce qui, en retour, renforcera le secteur des arts et de la culture.
Nancy Hitzig (Opéra Atelier) nous a incités à faire un petit retour en arrière pour penser au moment précis qui nous a inspiré à entreprendre une carrière dans le domaine des arts et à y consacrer notre vie. Pour la plupart, nous nous sommes rappelés d’une visite au musée organisée par notre école ou d’un professeur de musique qui a su communiquer sa passion pour le violon. Chaque activité présentée dans le cadre de la Fête de la culture a le potentiel de devenir un de ces moments privilégiés pour quelqu’un. Vous pouvez être cet artiste qui inspire la prochaine génération à réaliser son potentiel artistique et à jouer un rôle marquant qui contribuera à définir une vie dédiée aux arts.
La table ronde s’est terminée par la tenue d’un atelier de création, où des formateurs du domaine ont mené des groupes qui devaient écrire et présenter leur propre opéra d’une durée de 5 minutes, à l’aide d’un accompagnateur et de certains accessoires de base. Placés dans la peau des interprètes, beaucoup de directeurs généraux et de gestionnaires se trouvaient nerveux et réticents. Avec un peu d’encouragement et de travail d’équipe, nous avons réussi à rassembler des idées et à produire des petits opéras fort amusants. Les formateurs nous ont fait remarquer que le sentiment d’inconfort qui nous avait d’abord habité serait tout à fait le même que ressentirait le public lors de la Fête de la culture. La participation à un processus de création place beaucoup de gens complètement à l’extérieur de leur zone de confort. Nous devons être prêts à aider le public, qui se sentira nerveux et presque absurde. En tant qu’hôtes d’activités, il est de notre devoir de créer un climat où le public se sent à l’aise et bien accueilli au sein du processus créatif. Si cet objectif est atteint, le public comme l’hôte de l’activité profiteront de nouvelles idées et d’interactions stimulantes et fructueuses.


