Organisées au Québec chaque année depuis 1997 par Culture pour tous, les Journées de la culture est un événement d’envergure provinciale qui a inspiré la création de la Fête de la culture à travers le Canada.
En 1997, les Journées de la culture ont réuni 725 organisateurs différents (des créateurs comme des organismes) de 16 régions urbaines et rurales du Québec œuvrant dans une grande variété de disciplines artistiques et culturelles qui ont accueilli 163 000 personnes au cours des trois Journées.
Le mouvement a continué à croître d’année en année pour atteindre plus de 300 000 participants en 2009. Lors de cette 13e édition, 8 000 artistes, artisans et travailleurs culturels ont participé aux activités dans 331 villes et villages de toutes les régions du Québec. Les municipalités ont elles aussi été plus nombreuses que jamais : en 2008, 180 d’entre elles ont organisé des événements au cours de cette fin de semaine; l’année suivante, 238 ont mis la main à la pâte. En outre, près de 300 conseils municipaux ont adopté la résolution officielle des Journées de la culture!
En 2010, les Journées de la culture auront lieu du 24 au 26 septembre. Pour inscrire votre activité aux Journées de la culture, veuillez visiter le site de Culture pour tous.
Réflexions
Louise Sicuro, présidente-directrice générale de Culture pour tous, explique l’origine des Journées de la culture :
« Lorsque nous avons lancé cette initiative, il y a 13 ans, le contexte économique, social et politique du Québec n’y était pas favorable. La crise des finances publiques occupait l’avant-scène et on remettait en question le rôle de l’État non seulement dans le domaine de la culture, mais aussi dans le domaine de l’éducation. La crise de l’emploi sévissait et on ne pouvait que constater l’accentuation des exclusions sociales. Aussi, quand le premier ministre, monsieur Lucien Bouchard, a annoncé au printemps 1996 la tenue d’un Sommet destiné à revoir les priorités de l’État en invoquant le mantra d’un déficit zéro, des leaders des milieux culturels ont décidé d’investir le processus de préparation du Sommet pour étayer ce qui allait devenir la plate-forme des Journées de la culture.
Le pari était aussi simple qu’ambitieux : il s’agissait de renouveler un modèle de démocratisation culturelle reposant uniquement sur la responsabilité de l’État et de ses ministères comme ceux de la Culture et de l’Éducation. Nous avancions l’idée que les artistes et les travailleurs de la culture avaient tout intérêt à initier et à orchestrer un mouvement volontaire et militant visant à favoriser une appropriation des arts et de la culture par les citoyens. Nous voulions que cette opération concertée du milieu culturel soit soutenue par l’État, comme partie intégrante de sa mission culturelle, mais aussi par les autres secteurs névralgiques que sont le milieu de l’éducation, le monde des affaires et la sphère municipale.
En esquissant les contours de ce qui allait devenir les Journées de la culture, nous avons cherché à transcender les notions de développement de public pour nous rapprocher de celles de droits culturels et d’inclusion. C’est ainsi que nous avons fait le choix délibéré de remettre à l’ordre du jour l’idéal de la démocratisation culturelle mis en sourdine par un discours trop restrictif sur la poursuite de l’excellence et le développement de l’offre culturelle. Il était urgent de promouvoir une nouvelle forme de médiation culturelle en multipliant les espaces de convivialité et d’échange sur les processus de formation, de création, de production, de conservation ou de diffusion dans le milieu de la culture. »
Quelques faits saillants des années précédentes des JDC du Québec
« Les fenêtres qui parlent » aux Galeries de la rue Marquette – Pour le plus grand plaisir des passants, 30 artistes professionnels ont exposé leurs œuvres dans les fenêtres des maisons d’un quartier de Montréal avec la collaboration des résidants. Les créateurs étaient sur place pour expliquer leur travail et leur processus créatif au public, transformant ainsi la rue et le quartier en lieux accessibles à tous pour échanger et dialoguer sur l’art.
Pointe-à-Callière – Le musée d’archéologie et d’histoire de Montréal a invité le public à apprendre tout en s’amusant en participant à une simulation de fouille archéologique en présence d’un guide-animateur.
Parcours interculturel – Grâce à la collaboration d’artistes professionnels issus des communautés ethnoculturelles, quatre œuvres d’art collectives ont été créées dans le cadre du Rallye de la diversité à l’occasion de la Semaine québécoise des rencontres interculturelles.
Centre des textiles contemporains de Montréal – Le public était invité à tisser et à tricoter des foulards qui ont été remis à État d’urgence, un événement annuel organisé par le groupe ATSA (Action terroriste socialement acceptable).
Les Artistes dans leur milieu – Plus de 20 artistes et artisans professionnels ont ouvert leurs ateliers de céramique, peinture, photographie, sculpture et vitrail pour permettre aux citoyens de l’Outaouais de visiter leurs lieux de création dans les collines de la Gatineau.
Rallye pédestre – La Société historique de la région de Mont-Laurier a invité le public à explorer les rues de la municipalité et à découvrir son riche patrimoine en répondant à 110 questions sur son histoire. Par la suite, les participants ont mis en commun leurs découvertes et en ont discuté avec des membres de la Société.
Soirée d’antan – Le Chantier Gédéon à Angliers a invité les citoyens à vivre l’expérience d’une soirée de chansons et de contes traditionnels dans l’atmosphère unique d’un ancien camp de bûcherons.
Technologie du son – L’Institut Trebas de Montréal a offert, dans un studio de calibre professionnel, un cours d’initiation à la production sonore dans les domaines du disque, du cinéma, de la télévision et des nouveaux médias.
L’expérience créative de A à Z avec Nycole Blanchette Création-Danse – Les visiteurs ont appris une chorégraphie de groupe sous la direction de la citoyenne de Saint-Élie-de-Caxton et se sont initié à son approche de création avec différents artistes multidisciplinaires. Les participants ont ensuite longuement discuté de leur expérience lors d’un souper communautaire.